Découvrir Saint-Isidore-de-Clifton

Historique

1910 à 1997

Municipalité de Saint-Isidore-d'Auckland  

«J’avais une voiture et un cheval. Nous étions partis de Coaticook un lundi matin avec notre petit ménage, des poules et un peu de nourriture pour aller demeurer sur le lot demi-treize ouest dans le rang sept de Saint-Isidore. Nous sommes arrivés à deux heures dans la nuit, nous avions un petit garçon qui était Roland. Il pleuvait à verse, notre voiture était resté dans un trou de boue; on a marché un mille avec le bébé dans les bras, fatigués, heureusement on avait un fanal à «carasssine» (huile de charbon). Il y avait un vieux camp de quarante pieds de long, la couverture n’était pas étanche; on était pas dehors, mais il faisait à peu près la même température. Il y avait un vieux «spring bed», comme j’étais galant, je l’ai offert à ma femme avec le bébé, moi je me suis allongé sur une table. Le lendemain matin, je suis retourné à la voiture chercher à mangé, j’ai apporté du pain et quelques œufs. Il y avait un vieux poêle, on a fait cuire les œufs dans des couvercles de chaudières de cinq livres et on les a mangés avec des petits bois. J’avais trente-cinq dollars et ça coûtait trente-trois dollars pour faire recouvrir le camp. Il me restait très peu en attendant de se faire du bois pour retirer des «bons» pour avoir de la nourriture. Nous avions payé le lot cinq cents dollars car le gouvernement n’en avait plus à donner, nous devions «pleumer» du bois mou à raison de cinquante cordes à dix dollars la corde. Tout le temps que nous avons «pleumé» le bois, on ne pouvait pas faire beaucoup de trois pieds pour vivre. On avait un dollar soixante-cinq la corde sur le chemin, il nous donnait un dollar la corde et le soixante-cinq sous restait pour le voyage au camp numéro quatre. La première année, j’ai fait un arpent de clairance qui m’a donné droit à un sac d’avoine de semence. On faisait un petit jardin entre les souches, mais cela nous aidait. Ma femme préparait les repas comme elle pouvait avec ce qu’on avait. Mon beau-frère m’avait donné un fusil, ce qui permettait d’aller tirer quelques perdrix et du lièvre. En 1935, j’ai construit une petie maison, elle avait seize pieds par vingt pieds, j’avais tout fait : châssis, portes….Et la vie continua, avec ses malheurs, ses bonheurs, mais secondé de mon épouse, nous avons toujours été de l’avant.»

Témoignage d’Ovila Bilodeau, arrivé à Saint-Isidore le 5 mai 1931 à l’âge de 28 ans.

 

En 1884, la municipalité répondait au nom de Popeville, en l’honneur de monsieur Pope, président de Standard Chemical à Cookshire, compagnie qui était, à l’époque, propriétaire de la majorité des terrains de la colonie et qui produisait du charbon et de l’alcool de bois.

C’est grâce au passage du chemin de fer Maine Central, qui traversait le territoire que les premiers colons ont pu s’installer sur des lots de bois à moitié défrichés.  Les premiers citoyens durent faire plusieurs pressions auprès du conseil de la municipalité de Saint-Malo pour avoir quelques services, dont un chemin carrossable entre ces deux sites puisqu’ils devaient parcourir cinq milles pour assister aux réunions du conseil et à la messe le dimanche. C'est en 1910, après sa demande de détachement de la municipalité de Saint-Malo que Saint-Isidore-d'Auckland verra le jour.

Thomas Doyon a été le premier maire de Saint-Isidore et le premier conseil municipal était formé d’Onésime Rancourt, Jean Rouleau, Joseph Perron, Hercule Caron, Louis Lafleur et Samuel Marline.

C'est également en 1910 que le bureau de poste à été inauguré, car avant ce jour, le courrier se rendait à l'adresse postale de Doncaster.

Nous sommes loin de cette époque où le premier moulin à scie a été construit par Thomas Perron, en 1906; loin aussi de l'année 1907 qui a été témoin de l'apparition simultanée de la première école et du premier magasin général.

Afin de permettre à nos pionniers de pratiquer leur culte, la première église a été érigée dès 1908. À part une dizaine de familles irlandaises qui ont quitté Randboro et Sawyerville pour aménager à Saint-Isidore, la majorité des premiers résidents provenaient de la Beauce.

En 1923, une cordonnerie et une manufacture de châssis ouvraient leurs portes, tandis qu'en 1924, on fondait la première Caisse populaire du secteur. Également vers les années 1920, deux boutiques de forge ont vu le jour alors que la Southern Canada Power amenait l'électricité jusqu'au village et que le Canadien Pacifique construisait chez-nous une gare de chemin de fer.

Quatre-vingts ans plus tard, environ 75 commerces et entreprises ont maintenant pignon sur rue dans notre municipalité et donnent de l'emploi à près de 75% de nos travailleurs locaux pendant que plusieurs équipes de bénévoles travaillent au maintien d'une dizaine de groupes de services et d'entraide.

En 1945, on forme la Société Coopérative Agricole, en 1950, on amène l'électricité jusque dans les rangs et c'est en 1951 qu'on implante les premiers systèmes d'aqueduc et d'égouts et de protection incendies.

Depuis 1997…
Municipalité de Saint-Isidore-de-Clifton  

La municipalité de Saint-Isidore-De-Clifton est née du regroupement de Saint-Isidore d’Auckland et de Clifton-partie-Est en décembre 1997.  En décembre 1998, le Ministre des Affaires municipales approuvait la scission du territoire et la partie sud de Clifton a été annexée à Saint-Malo.

En 2003, après plus de 15 ans d'attente, la Municipalité a pu construire une usine d'épuration afin de rencontrer les normes en matière de protection de l'environnement.

Grâce à une entente avec la municipalité de Saint-Malo, notre service de protection des incendies compte trois camions de service et 21 pompiers volontaires.